Flot a passé dix-sept mois en prison à l’isolement total. Pendant cette période, excepté un parloir par semaine, il n’a pu ni voir ni parler à personne.
« Je suis seul en cellule. Très vite, je comprends qu’en fait, je vais être seul tout le temps »
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Flot est militant anarchiste. Après la destruction d’une partie de la jungle de Calais où il aidait en 2016, il décide de rejoindre le Rojava, la partie syrienne du Kurdistan. « J’y vais pour aider la révolution. À l’époque, le principal ennemi, c’est Daesh. Au moment où je rejoins mon bataillon, la grosse bataille qu’il y a, c’est Raqqa. C’est des combats urbains très tendus. Il faut accepter le fait que tu peux mourir toutes les secondes, que tu es en accord avec ce que tu fais et qu’importe ce qui va arriver. »
Une fois la zone libérée, Flot rentre en France. Un jour, il se fait réveiller par des membres du GAO (le groupe d’appui opérationnel de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI)). « Ils m’arrêtent en m’accusant de terroriste. Après, directement Levallois-Perret, quatrième sous-sol de la DGSI. Le 8 décembre, on est neuf arrêtés. Je suis le seul à avoir été au Rojava. On fait 96 heures de garde à vue antiterroriste. On sera cinq à aller en prison. »
Flot est envoyé au centre pénitentiaire de Bois d’Arcy, en isolement carcéral. « Je rentre dans la cellule d’isolement. Elle fait à peu près douze mètres cinquante au carré. Il y a un lit fixé au sol, un genre de tablette fixée au mur, une armoire fixée au mur, un WC fixé au mur avec des petites parois, un lavabo fixé au mur et une télé fixée au-dessus de la porte. »
Peu à peu, Flot comprend que sa solitude va être constante. Commence alors une descente aux enfers.
- Reportage : Antoine Guirimand
- Réalisation : Emmanuel Geoffroy






