En 2023 les 7 inculpées du 8/12 étaient condamné.es pour terrorisme avec des peines de prison ferme, fichage européen, interdictions de communication… 6 d’entre elleux font appel de cette décision. Même si on ne pourra pas être toustes présent.es au tribunal à Paris, il est important de se mobiliser à l’extérieur pour afficher notre soutien et empêcher que la justice et l’État nous invisibilisent !
Soutenir le 8/12 ce n’est pas seulement soutenir individuellement ces camarades-ci, c’est surtout lutter contre la répression de toustes. Si la caractérisation de terrorisme était validée au terme de l’appel, cela offrirait une jurisprudence inédite pour réprimer les opposant.es politiques. Finies les tentatives de dissolution de groupes politiques autonomes et des collectifs antiautoritaires, l’État pourrait envoyer les membres de ces groupes d’opposant.es directement en prison sous l’accusation d’association de malfaiteurs à caractère terroriste…
Concernant ce procès en appel, les camarades seront jugé.es à la Cour d’Appel de Paris sur l’ile de la cité. La salle qui doit recevoir le procès a une centaine de places assises. Il se déroulera : Du 4 au 7 mai 2026 Du 11 au 13 mai 2026 Du 20 au 22 mai 2026 Les audiences se dérouleront sur des journées entières à partir de 9h. L’entrée dans l’enceinte du tribunal peut être longue pour les personnes sans convocations. Pour rappel la plupart des camarades ne sont pas de la région parisienne, ce qui est un obstacle materiel de plus à l’organisation de la solidarité.
Soyons nombreux.ses pour se soutenir face à un État et une justice qui cherche à broyer nos idées, nos modes d’organisation, nos liens, nos rêves révolutionnaires…
Les besoins : 🖤Être présent.es au tribunal, prendre des notes, faire des croquis 🖤Préparer et amener de la nourriture 🖤Retranscrire les notes pour publication 🖤Organiser des discussions, des événements festifs dans vos localités 🖤 Diffuser des podcasts, articles, brochures… 🖤Participer et partager la cagnotte https://www.helloasso.com/associations/l-asso-lulle-de-feu/collectes/cagnotte-de-soutien-aux-inculpe-es-du-8-decembre
Pour suivre l’actuhttps://soutienauxinculpeesdu8decembre.noblogs.org/
Une soirée Kamisole c’est bien, en collab avec le Barcredi c’est mieux ! Voici venu le KAMICREDI !
Un pur moment avec ce qu’on fait de meilleur : des expo pour observer, des concerts et perfs pour festoyer, des ateliers anti-rep pour gagner plus de points au grand jeu de la lutte quotidienne contre la répression physique et numérique de notre société préférée ♥️♥️♥️
Le KAMICREDI c’est samedi 25 avril à partir de 17h et jusqu’à minuit au 25 rue Bizet à Villejuif ! (Métro 7 Villejuif Paul Vaillant Couturier) Et l’entrée est toujours à prix libre !
Et tout cela pourquoi donc ?
Et non pas pour rire, ça on déteste, pour filer plein de moula aux caisses pour les inculpés du 8 décembre et à l’anti-CRA de Dijon. Aux prisons on préfère les feux de joie !
Samedi 25 avril 2026, concert de soutien aux Inculpé.es du 8.12 à Amiens ! Avec FOUTUE (BXL), LYNX IRL (Lille), KHLORE (Lille), POOPIE (Amiens), et un DJ set par DOMINIQUE TONIQUE pour terminer la soirée ! Viendez nombreux.ses pour soutenir les inculpé.es, juste avant le procès en appel qui aura lieu tout au long du mois de mai !
17h Lectures de textes choisis autour du 8.12, échanges, discussions
19h Repas partagé ! Concours de quiches, ramènes ta plus belle quiche pour faire rêver nos papilles et tenter de remporter un lot exceptionnel !
20h Karaoké avec Anistar
22h ACABOUM
Entrée libre ou jouée aux dés
Tout au long : collecte de nourriture (produits secs, bocaux maisons, conserves et autres délices)
En mai se tient le procès en appel de nos camarades. Nous organisons cette journée en solidarité avec elleux. Les fonds récoltés serviront à payer les frais d’avocat.es Et la collecte à nourrir les soutiens lors du procès qui se tiendra du 4 au 22 mai 2026
Libre FLOT ANTICIPER LE BRUIT SEC DES VERROUS Les éditions du bout de la ville, 2025, 96 p.
On va la jouer franco : on connaît les Ariégeois animant Les éditions du bout de la ville. On pourrait même dire qu’on les kiffe. Si on les kiffe c’est parce qu’on a bossé avec eux une paire d’années sur un bouquin promis à une sortie imminente. Une meuf, trois gars, quatre tronches remplies de choses précieuses : capacité d’écoute, pertinence, ténacité, gentillesse, souffle littéraire – on n’est pas là pour écrire des tracts –, intelligence politique – on n’est pas là pour radoter les éternels poncifs. Récit, essai, fiction : tout est question de féconde hybridation et la parole n’est jamais autant précieuse que quand elle monte des rangs de la plèbe.
Les éditions du bout de la ville ont leur marotte mais pas que : la condition paysanne, le fléau atomique, la question carcérale. Récemment, ils ont publié, signé Moben et préfacé par Jacky Durand, Mange ta peine : les recettes du prisonnier à l’isolement. Tout est dans le titre. Incarcéré à la taule de Moulins-Yzeure (Allier), l’auteur a été puni par la pénitentiaire pour avoir coécrit… un livre de cuisine, puis transféré au sein du quartier de lutte contre la « criminalité organisée » de Condé-sur-Sarthe (Orne). En zonzon, même la tambouille peut servir de prétexte punitif. En zonzon, l’absurde n’a pas de limite et Kafka peut aller se rhabiller.
Il en va ainsi du texte de Libre Flot, Anticiper le bruit sec des verrous. Libre Flot est le pseudo de Florian. Dans une vie antérieure, Florian était un punk itinérant. À trente-trois ans, il est devenu combattant en rejoignant le Rojava, et plus précisément les rangs des YPG, tenaces Unités de protection du peuple kurde. Entre 2013 et 2018, environ deux mille Occidentaux auraient ainsi eu la même démarche. Autant de volontaires internationalistes formant une vraie tour de Babel : de l’ancien bidasse versé dans le mercenariat au militant de gauche radicale séduit par le projet fédéraliste, féministe et écologique du Rojava. Inutile de préciser dans quelle catégorie se range Libre Flot.
On va encore la jouer franco : on n’aurait peut-être jamais lu Anticiper le bruit sec des verrous si on n’avait pas connu l’équipe du bout de la ville. La raison n’est pas bien claire, mais elle est peut-être à chercher du côté d’un obscur sentiment de culpabilité ou de gêne face à la détermination et au courage de ces internationalistes du XXIe siècle quittant soudain le confort de leur foyer pour aller risquer leur peau dans la poudrière syrienne en se confrontant aux djihados de Daesh (État islamique). Face à la pusillanime déferlante postmoderne, même issu d’une minorité de volontaires, un tel engagement aurait dû inspirer plus d’un essayiste en mal d’utopie. À des milliers de kilomètres de nos démocraties avachies et autocentrées, quelque chose se rééquilibrait : le nerf cru d’un idéal, les corps mis en danger dans un jeu de solidarité sans frontière ni filet. La guerre contre les « islamo-fascistes », nouvelle incarnation du bigotisme martial et despotique, un patriarcat de couillards à kalache.
Ce faisant, les volontaires internationalistes ranimaient, quatre-vingts ans plus tard, la flamme ardente des Brigades de 1936 – sans leur matrice stalinienne, ce qui n’est pas rien. En 2017, certains – dont Libre Flot – participèrent à la libération de Raqqa, capitale autoproclamée de l’État islamique. Soutenu un temps par la coalition internationale, on crut un temps que les YPG allaient pouvoir consolider les bases de leur confédéralisme démocratique. C’était mal connaître ces « alliés » qui, globalement, ne s’intéressaient aux Kurdes que tant qu’ils pouvaient fournir des troupes au sol contre les kamikazes de Daesh ; c’était mal mesurer, de même, la détermination du pouvoir turc à les éradiquer. Plus tard, ce sera mal saisir le nouveau régime syrien et la volonté de son nouveau taulier, Ahmed al-Charaa, ancien cadre du Front al-Nosra, de purger la nouvelle « République arabe syrienne » en effaçant de sa carte le rêve émancipateur du Rojava.
Torture blanche
Mais lâchons la sinistre géopolitique et revenons à Libre Flot.
En mars 2017, le trentenaire part donc pour le Rojava. Il revient en France trois mois après la libération de Raqqa, soit en janvier 2018. Libre Flot a beau ne pas s’attendre à recevoir une médaille de sa patrie-des-droits-de-l’Homme reconnaissante, il est loin de se douter que son engagement contre les authentiques terroristes de Daesh va faire de lui un suspect aux yeux de la Sécurité intérieure. « À leur retour dans leur pays d’origine, explique Pierre E. Guérinet dans l’avant-propos au livre, bien qu’ils aient combattu Daesh aux côtés d’une coalition internationale qui comprend alors la France, les volontaires internationalistes se trouvent dans le viseur des services de renseignement. Ils sont considérés comme des “revenants”, au même titre que les personnes qui avaient rejoint les troupes islamo-fascistes de Daesh. Pour la DGSI (Direction générale de la Sécurité intérieure), le scénario est simple : Libre Flot aurait l’intention d’utiliser, sur le territoire français, des connaissances militaires acquises au Rojava. »
Dix ans après l’affaire et le fiasco de « Tarnac », la flicaille antiterroriste nous ressort l’inépuisable menace anarcho-autonome tendance ultra-gauche. Pour nourrir le récit flicardier, il faut un groupe et un projet sanguinaire, ils seront fabriqués artificiellement ; il faut surtout un leader charismatique : ce sera Libre Flot. Tant il est vrai qu’une caboche à képi ne peut imaginer ses « ennemis » que sous la forme pyramidale d’une entité fortement hiérarchisée – celles et ceux qui ont tenu les ronds-points en savent quelque chose.
C’est donc parti pour plusieurs mois de surveillance. Début 2020, la DGSI transmet son rapport à charge au parquet national antiterroriste. S’ensuit une enquête préliminaire et l’arrestation, le 8 décembre, de neuf personnes par les mastards du RAID (Recherche, assistance, intervention, dissuasion). Direction les bureaux de la DGSI à Levallois-Perret. Sous les néons du Renseignement, Libre Flot est cuisiné : qu’est-il vraiment allé foutre au Rojava ? Quel est son camp politique ? Que pense-t-il de Macron, d’Erdogan ? Une fois les interrogatoires terminés, il est placé à l’isolement au centre pénitentiaire de Bois-d’Arcy. Une détention provisoire qui durera seize mois.
Anticiper le bruit sec des verrous débute par une lettre que le détenu envoie à l’émission de radio L’Envolée. La claque arrive, on ne s’en remet pas. Tournant les pages on comprend qu’il y a pire que la guerre contre Daesh, il y a la solitude dans une cage, le cerveau qui part en miettes, le corps qui se dérobe, la lucidité qui s’effiloche sous le dépeçage patient d’une effroyable « torture blanche ».
Datée du 3 juin 2021, la première lettre de Libre Flot commence ainsi : « Pour moi qui ai vécu la majeure partie de ma vie de manière collective, j’avais pourtant récemment accepté les bienfaits de courtes périodes de solitude. En disant cela, j’ai comme un arrière-goût âpre dans la bouche tant mes semblables me manquent. Ce sentiment n’est pourtant pas justifié, mais provient de l’amalgame dont, dans ce contexte, j’ai du mal à me séparer, entre solitude et régime d’isolement. Il m’est pourtant simple de constater que l’isolement est à la solitude ce que la lobotomie est à la méditation. »
Ses lettres vont ainsi, s’échelonnant, jusqu’à la dernière datée du 27 mars 2022. Libre Flot les termine souvent par la formule « Salutations & Respects », avec majuscules et pluriel parce que, même dans une cage éclairée H24, la déférence s’impose. De même que l’écriture inclusive qui rassemble dans le grand bestiaire humain les « surveillant.es » et les « gardien.nes ». Libre Flot a un défaut : il ne peut s’empêcher d’« empathiser ». À l’isolement, son rapport à l’altérité étant limité, il empathise avec les matons. Empathie ne veut pas dire sympathie, on précise parce que ce n’est jamais clair cette affaire. L’empathie, c’est grosso modo la capacité de chacun à pouvoir se mettre dans la tête de quelqu’un d’autre. Celle d’un promoteur d’acétamipride ou d’un danseur de zumba, par exemple. Matant les matons, Libre Flot s’interroge sur « leurs parcours de vie », « ce qui les a amené.es là, à maintenir des êtres vivants enfermés ». Questions sans réponse. Il n’y a pas de vocation maton. La taule, on s’y retrouve comme derrière un bureau à la Sécurité sociale : parce qu’il faut bien croûter et que, traversant la rue, un job peut vous amener à pointer derrière un mur d’enceinte haut de six mètres flanqué de miradors.
Le punk n’est pas qu’une musique bourrine avec trois accords. C’est aussi une tenue morale où le véganisme tient une place conséquente. Libre Flot a beau être enfermé avec lui-même, il a des principes auxquels il ne compte pas déroger. On peut supputer que cet échafaudage axiologique n’a pas été pour rien dans sa capacité à résister à l’enfer de l’enfermement. De barbaque il ne mangera pas. Ses lettres témoignent de son combat pour que son régime alimentaire soit respecté. Car tout est bataille et infernale tracasserie en prison : soigner une rage dentaire, soulager des douleurs articulaires, consulter un psy. Libre Flot a beau jouer le jeu du détenu modèle, les mois passent et rien ne se passe. Rien pour desserrer l’étau de ses conditions de détention. Il s’astreint à des leçons quotidiennes de kurde mais sent bien que ses capacités cognitives dévissent. Les jours se dupliquent et le temps n’est plus qu’un plâtre où tout s’empêtre et se rigidifie. « Le plus pernicieux dans l’isolement est de rendre le réel irréel. » Le monde extérieur n’a plus de substance, les événements plus d’effectivité. « La seule réalité (pathétique), c’est cette cellule, ces livres, ces salles des spores (hihi), cette douche, cette “pseudo-promenade” individuelle. » L’enfermé ironise, preuve qu’au fond de lui ça tient encore. Bientôt il trouvera un mot-valise pour désigner la promenade : « opprimenade ». Pas mal, mec !
« Amis de chez Daesh »
Plus d’une année passe et bientôt ça ne tient plus. Ou bien juste à un fil. Le 27 février 2022, Libre Flot écrit pour annoncer son intention imminente de ne plus s’alimenter. Foutu pour foutu autant y aller franco. « Cela fait plus de quatorze mois que je comprends que ce sont mes opinions politiques et ma participation aux forces kurdes des YPG dans la lutte contre Daesh qu’on essaie de criminaliser ». Quant au juge d’instruction, il « se permet la pire des insultes en se référant aux barbares de l’État islamique comme étant “[ses] amis de chez Daesh” ». Un crachat à la gueule que Libre Flot ne peut supporter. On le comprend. Contre l’État islamique, il s’est battu à Raqqa où avaient été planifiés les attentats du 13 novembre. On devrait le fêter en héro, on le traite en terroro. Pour la justice bourgeoise, un anar révolutionnaire ou un islamo décapiteur, c’est la même lie qui sape sa mainmise sur le corps social ; alors on les fourre dans un même sac d’opprobre et Dieu reconnaîtra les siens.
– 17e jour de grève de la faim. RAS.
La pénitentiaire laisse faire. Officiellement, elle n’a pas le droit de forcer un détenu à se nourrir. Affaibli, Libre Flot continue à empathiser et témoigne de la perte de raison de ses voisins : « Je les entends changer au cours des mois qui passent, j’en entends certains perdre pied, si ce n’est sombrer dans la folie. »
En fin de lettre, il supplie : « Sortez-moi de ce tombeau ! »
– 23e jour de grève de la faim. RAS.
Libre Flot adresse une lettre aux volontaires internationalistes tentés d’aller défendre l’Ukraine. Il les met en garde : aujourd’hui on vous encense, mais à votre retour « vous serez sûrement épié.es et surveillé.es, toute votre vie pourra être redessinée, réécrite, réinterprétée, et de simples blagues pourront devenir des éléments à charge lorsque ces institutions auront décidé de vous instrumentaliser pour répondre aux besoins de leur agenda politique. »
– 30e jour de grève de la fain. RAS.
Dernière lettre. « Pfff ! Hier c’était rude. Aucune énergie. Même lire était au-delà de mes forces ».
– 37e jour de grève de la faim.
Il pèse 45 kilos, le poids d’une liberté conditionnelle à venir.
Après les lettres, Anticiper le bruit sec des verrous offre un temps d’entretien. L’occasion, pour le lecteur, de s’approprier le parcours de Florian. Les squats punks, Sivens, la jungle de Calais où il file un coup de main à « l’école du chemin des dunes ». C’est là qu’il rencontre ses premiers Kurdes : des minots venus du Başûr, le Kurdistan irakien. Puis viendra le temps de la gamberge, assis sur le toit de son camion. « Je ne sais pas ce que c’est une guerre. C’est un choix difficile qui m’interroge sur mes convictions, mes capacités. (…) Je repense à toutes les belles phrases que j’ai pu entendre ou que j’ai pu moi-même dire pendant des années, du genre : “Si j’avais vécu en 1936, j’aurais rejoint les anarchistes espa-gnol.es” ».
Plus qu’un trésor, la filiation historique est une force. Elle met des mots sur nos engagements. Les arrime au passé, les tend au-dessus du présent vers des futurs soudain possibles. On a beau en savoir la visée précaire, l’impulsion est là qui soudain commande. Mieux vaut un saut dans le vide qu’un surplace en camisole.
Salutations & Respects, Florian, fallait y aller ; fallait tenir et revenir. Raconter. Les anarchistes espagnols auraient été fiers de toi.
Le procès en appel de l’affaire du 8.12, mené par le ministère de l’intérieur et le parquet antiterroriste contre nos ami.es et camarades, approche. C’est au mois de mai qu’il aura lieu à Paris. Retrouvons nous autour de ce superbe docu et une petite cantoche pour organiser la solidarité. Hébergement, soutien politique, financier, alimentaire, … Ce sera aussi l’occasion de se mettre à jour sur cette affaire de répression politique que vivent les 7 inculpées et leurs proches.
Le docu, c’est « Dope is death », un passionnant documentaire de Mia Donnovan qui nous apprendra comment les Black Panthers et les Young Lord ont mis en place un programme de désintoxication grâce à l’auto-organisation et les centre de santé communautaires, dans les années 70.
Si vous voulez venir avec les enfants, une projection en parallèle sera prévue spécialement. Soirée à prix libre et en soutien aux inculpé.es.
🔥Soirée de soutien aux inculpé.es du 8 décembre au bar Atmosphère de Vaour (Tarn 81), le samedi 21 mars 2026🔥 Au programme : 14h30 Atelier d’arpentage du livre « anticiper le bruit sec des verrous » 18h Discussion avec Libre Flot Le procès des inculpé.es du 8.12 L’actualité au Rojava (Kurdistan syrien) 19h30 Apéro chanté avec les chorales de luttes 20h30 Repas 21h30 concert de Porte (western shlag-rock) 23h30 DJ set
Émission enregistrée en direct des studios de Radio Canut le 20/01/2026. Cette semaine, on démarre un double programme sur l’affaire dite du « 8 décembre » en solidarité avec ses inculpé·es.
Le 8 décembre 2020 au petit matin, Klo et Svink, ainsi que 7 autres personnes se font interpeller simultanément aux quatre coins de la France et sont retenus 96h dans les locaux de la DGSI. 7 d’entre eux sont ensuite inculpé·es pour « association de malfaiteurs terroristes ».
Dans cette première partie, on écoute Klo et Svink raconter leur interpellation, leur garde à vue au 4ème sous-sol de la DGSI à Levallois-Perret et l’incarcération de Svink à Fleury-Mérogis pendant 11 mois en attendant le procès. Ce, alors qu’iels cherchent à comprendre tant bien que mal à l’époque les tournants et les aboutissants de ce dossier monté de toute pièce contre elleux.
Soutenir les inculpé.es du 8/12 ce n’est pas seulement les soutenir individuellement, c’est surtout lutter contre la répression de toustes. En effet, l’État et l’exécutif attendent beaucoup de ce verdict. Si la caractérisation de terrorisme était validée au cours de l’appel, cela offrirait une jurisprudence inédite pour réprimer les opposant.es au régime. Des personnes ne se connaissant pas toutes et sans projet commun pourraient alors facilement être considérées comme terroristes sans que l’État ait besoin de tenter une dissolution du groupe. Il pourrait envoyer les membres de ces groupes d’opposant.es directement en prison sous l’accusation d’association de malfaiteurs à caractère terroriste…
En solidarité avec les camarades et contre la répression, on vous invite à la Relâche* [La Relâche, c’est un espace pour se rencontrer, échanger, s’organiser, et se donner de la force collective. Dans un esprit auto-organisé, anti-autoritaire, anti-capitaliste et non marchand, opposé aux systèmes d’oppressions, et en dehors des partis politiques et affiliés] le lundi 5 janvier 2026, pour une cantine végétalienne à prix libre, entre 19h et 22h à La Chapelle (36 rue danielle casanova – Metro canal du midi ou compans cafarelli)
Sur place, présence d’un infokiosque sur l’affaire, jus de pomme et cidre artisanal en soutien aux inculpé.es et quelques livres Anticiper le bruit sec des verrous – lettres de l’isolement de Libre Flot
Lecture-discussion : l’affaire du 8 décembre c’est quoi ?
La veille de la cantine de la Relâche, en soutien aux inculpé.es de l’affaire du 8/12, on a envie de prendre le temps de s’informer et discuter de l’affaire du 8/12.
On propose un petit atelier de lecture de textes issus de brochures sur l’affaire du 8/12. Ce sera l’occasion d’en savoir plus sur cette affaire (qui a maintenant 5 ans, et dont l’appel se tiendra à Paris en mai prochain), et on pourra discuter plus généralement sur la répression, la prison, l’anti-terrorisme, la solidarité,..
Ce moment est pensé en complément de la cantine de soutien organisée le lendemain à la Chapelle, pour celles et ceux qui se demandent ce qu’est l’affaire du 8/12 et qui voudraient en savoir plus.
Ce sera le 4 janvier à 18h au squat de l’Impasse (1 bis impasse Lapujade à Toulouse) !
Texte lu à la conférence par le comité de soutien le samedi 20 décembre:
Le 8 décembre 2020, neuf militant.es anarchistes, libertaires et sympathisant.es de gauche furent arrété.es un peu partout en France hexagonale par les services de renseignement intérieur, la DGSI.
A la suite de 96h de GAV, sept d’entre elleux seront accusé.es d’association de malfaiteurs terroristes dans l’intention de commettre des actions violentes envers les forces de l’ordre ou des militaires. Cinq d’entre elleux seront incarcéré.es et deux placés sous contrôle judiciaire.
Toustes ne se connaissait pas au moment de ces arrestations. Leur seul point commun étant le camarade Libre Flot, revenu 2 ans auparavant du Rojava, au nord Syrie, ayant rejoint les camarades des YPG (force de défense du peuple) dans leur lutte contre DAESH et la construction d’un confédéralisme démocratique. Le tout, l’ironie viendra plus tard, soutenu par la coalition internationale dont fait parti la France. Celle là même qui accusera de terroristes nos camarades.
Les incarcérations iront de 5 à 22 mois, sous un régime particulier de DPS, détenu particulièrement surveillé et pour l’un d’entre elleux à l’isolement total pendant 16 mois, se soldant par une grève de la faim qui aboutira à sa sortie sous bracelet électronique. Après quatre ans d’une longue et éprouvante instruction saupoudré de contrôles judiciaires strictes aura lieu le procès au tribunal correctionnel des nôtres. En correctionnel oui ! Et non aux assises, et ce, à la demande du parquet national anti-terroriste, ce qui alertait déjà quand à la risibilité de cette non-affaire. Un mois de procès qui aboutira, selon les conclusions même du tribunal, au fait qu’il n’y a « ni groupe, ni projet, ni cible. Subsiste cependant des intentions supposées ». Des condamnations lourdes ont eu lieu, pour « association de malfaiteur avec intention terroriste ». L’Etat a réussi son pari via son bras juridique. Pouvoir criminaliser, sans aucune preuves matérielles des militant.es sans affinités politiques ou même amicales avec l’arme de la jurisprudence.
Après le fichage S dont iels ont été ciblé.es durant leur vie militante ou personnelle les voici inscrit.es au FIJAIT, Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions terroristes, et cela pour 20 ans ! Dont 10 à se justifier trimestriellement auprès des gardiens de l’Etat.
Vous pouvez remercier les lois d’exceptions votées dans le plus grand des consensus en omettant sciemment de rappeler que les lois une fois actées pourront alors se retourner contre l’ensemble des individus et non plus pour l’exception supposée.
Nos camarades ont choisi de faire appel, non pas pour leurs vies, celles çi ayant déjà été brisées mais pour nous, pour vous. Car oui demain ce sont les personnes ici présentes et celles dehors qui pourront être incriminées. Plus besoin de débats, de contradictions politiques voir même de procédures de dissolution. Il suffira avec l’appui des renseignements intérieurs de créer des groupes supposés et de leur coller des intentions .
Les répressions politiques ne datent pas d’aujourd’hui, l’association de malfaiteur est pour rappel une loi votée pour être alors utilisé contre des militants anarchistes en 1893. D’une triste banalité juridique aujourd’hui. Nous avons pu voir au cours de l’Histoire que quelque soit la couleur d’un Etat-nation, bleu, blanc, ou rouge, démocratique ou non, tant que celui çi disposera de la légitimité de la violence, la force militaire et le contrôle de la force juridique alors les amoureux et amoureuses de la liberté subiront les répressions de toutes part de celui-çi. Mourir étouffé plaqué au sol, perdre un œil ou une main, mourir d’une grenade ou finir en prison à l’isolement et ne pouvoir contester un pouvoir politique ne sont pas que des réalités d’une zone de guerre perdue dans un imaginaire prémâché médiatiquement, mais bel est bien ce qui se passe actuellement dans l’empire colonial français.
C’est pour toute ces raisons que l’on appel à votre soutien dès maintenant dans vos réseaux, dans vos luttes, dans NOS luttes. C’est pour nos libertés que l’on vous invite à converger devant le tribunal d’appel de Paris ou votre tribunal local tout le mois de Mai 2026 et même avant s’il le faut. Aujourd’hui ce sont elleux, demain ce sera vous.
Pour les Etats, nous sommes toustes des terroristes.